Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Culture Geek

Culture Geek

Bible du cinéma en construction, le site Culture Geek a pour but d'analyser et de critiquer tous les films sortis à ce jour, avec quelques écarts vers d'autres médias, des comics à la musique, en passant par les séries télé et la littérature. Bonne lecture, bonnes recherches, en espérant vous compter un jour parmi mes plus fidèles abonnés. Le blog des passionnés ou des simples lecteurs. Un blog fait pour tout le monde.


[Critique Cinéma] : Camping 3 et sa névrose dépressive

Publié par Culture Geek sur 4 Janvier 2017, 17:56pm

Catégories : #Critiques Cinéma, #Comédie - Drame

Si les comédies françaises se sont lamentablement vautrées en l'an 2016, rares sont celles qui l'ont fait avec autant de talent que ce Camping 3. Décryptons ensemble la déchéance d'une carrière.

Quand on est un comique qui ne sait plus faire rire les gens, on développe certains symptômes graves ou non ( cela dépendra de la situation ) de ce que j'aime appeler la névrose désespérée; développant un fort sentiment d'apathie, le sujet, souvent artiste, ne voudra plus rien faire, pas même aimer ses proches ou ses plus proches oeuvres. Devant son film préféré, il est comme un mur de marbre détaillant Mona Lisa : inexpressif, vide et superficiel.

Des fois, l'homme, ou la femme, sait relever la tête à temps du trou. D'autres fois, c'est plus compliqué. De toute évidence, Franck Dubosc fait partie de ce deuxième cas de figure. Alors qu'il ne cesse de s'enfoncer plus profondément dans le trou du cul de la médiocrité, l'homme enchaîne les hits; mais des hits pas communs, tu vois, des hits qui te frappent en pleine gueule : "Les Visiteurs : La Révolution", "Camping 2", "Boule et Bill". Des films que c'est dur de s'en remettre.

Alors, le type nous est revenu avec "Camping 3", sur des dialogues et un scénario de sa composition. Il ne fallait clairement pas. Plus que le film de la fin, "Camping 3" est surtout révélateur du clou d'un destin; la fin d'une carrière, la fin de l'humour en France, la fin des haricots, la fin des épinards, la fin de tout, du monde et de l'univers.

Parce qu'il faut bien comprendre que l'humour français, c'est pas n'importe quoi; c'est pas les chaussons que tatie Jeanne a oublié chez ton autre tante, Géraldine, et qu'a créé des conflits familiaux irréversibles; c'est pas non plus le café que la meuf de la cafet' te sert trop froid parce qu'il vient de Leader Price et qu'il se prépare mal. Non, l'humour français, c'est un moyen comme un autre de faire de l'art; à l'heure où l'on pense que les comédies françaises se résument aux Dany Boon ou aux Dubosc, il est tout de même bon de le rappeler.

Avec ce genre d'arguments réducteurs, l'on en vient rapidement à se contenter de nous sortir des sous-daubes humoristiques; les Boon, les Kev et les Benseti, l'Elmaleh et les Dubosc, dès lors, y'a plus grand chose de potable à se mettre sous la dent. C'en devient vite fait gerbant; me dites pas que la nausée vous vient pas quand vous mattez les 15 premières minutes des Visiteurs 3. Je sais pas vous, mais ça m'a rendu malade.

Malade parce qu'en France, on se contente de sortir du sous-Mcdo quand on peut nous pondre du Verneuil ou de l'Audiard. Malade parce qu'on nous rabâche la même bêtise à chaque film, qu'on essaie de faire des fables moralisatrices sans être foutus d'être objectif. Malade parce que notre partie populaire du cinéma français se complet dans la médiocrité la plus grasse et la connerie la plus déconcertante.

Malade parce qu'on y parle de sujets graves que l'on ne comprend même pas; on s'y moque des handicapés et des homosexuels quand on essaie de défendre la réputation des jeunes ( sans omettre de rendre leurs rapports entre eux foutrement caricaturaux ). Malade parce que Dubosc se répète et que le film n'est qu'une synthèse maladroite des deux volets de base, un conglomérat nullatre et simplet de tout ce que l'on a pu faire de bien mauvais dans notre cinéma français.

Malade parce que j'en ai marre de toujours avoir la nausée quand je décide de voir une comédie française. Malade parce que le cinéma français, c'est Bebel et Delon, c'est Audiard et Verneuil, c'est tout un tas de grands noms que l'on laisse dans l'oubli pour se concentrer sur de petites personnes en quête d'enrichissement personnel. Malade parce qu'on laisse sa chance à l'homme sans talent, quand on ne fait rien pour promouvoir de possibles grandes âmes. Malade parce que "Camping 3" n'est qu'un symptôme de la souffrance du cinéma en France. Malade, tout cela me rend malade.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents