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Culture Geek

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Bible du cinéma en construction, le site Culture Geek a pour but d'analyser et de critiquer tous les films sortis à ce jour, avec quelques écarts vers d'autres médias, des comics à la musique, en passant par les séries télé et la littérature. Bonne lecture, bonnes recherches, en espérant vous compter un jour parmi mes plus fidèles abonnés. Le blog des passionnés ou des simples lecteurs. Un blog fait pour tout le monde.


[Critique Cinéma] : Assassin's Creed est-il le film qu'on attendait?

Publié par Culture Geek sur 23 Décembre 2016, 09:58am

Catégories : #Critiques Cinéma

Les adaptations de jeux-vidéos ne sont jamais de grandes réussites. Alone in the Dark, Resident Evil, Mortal Kombat, Dead or Alive, toutes sont des catastrophes, et rares sont celles qui parviennent à vraiment captiver leurs spectateurs. La première production cinématographique d'Ubisoft, Assassin's Creed, changera-t-elle la donne? C'est bien ce que l'on va voir...

Deux lames, trois types encapuchonnés. Michael Fassbender, Marion Cotillard, Justin Kurzel; le trio gagnant de Macbeth à l'origine d'un chef-d'oeuvre de toute beauté. Adaptation de jeux-vidéos, réputation de médiocrité. Le film s'était déjà fait plomber l'aile avant même qu'il ne sorte; mauvaise foi des uns, manque de confiance des autres, les raisons étaient multiples et variées. Certains avaient même vu le coup venir; ils savaient qu'ils seraient déçus, et y sont allés pour forcément en ressortir déçus.

C'était un peu mon cas : je ne savais trop que faire devant pareil film. D'un côté, certaines images montrées étaient très alléchantes; le saut de la foi, les combats, Fassbender en capuche. De l'autre côté, certains détails me faisaient peur; les plans accélérés qui t'en prennent la tête, le manque cruel de rythme, Marion Cotillard en tant qu'actrice, c'était pas bien joli.

Sauf qu'Assassin's Creed, c'est toute mon enfance; autant que de Michael Fassbender, je suis fan de ces assassins en capuche qui se dissimulent dans la foule, la lame rétractable acérée, prêts à frapper. Comment ne pas être impatient? Finalement, c'est très bon. Très imparfait, mais jouissif à l'extrême; ses acteurs sont excellents, ses combats particulièrement jouissifs ( quand ils ne sont pas dans les 20 premières minutes ). Fassbender a une gueule, une vraie, et un charisme intense. Il transpire la classe, et respire l'âme des assassins. En somme, l'acteur est né pour le rôle.

Un rôle qu'il tient merveilleusement bien, aux côtés de deux têtes d'affiche plutôt célèbres. Outre un Jeremy Irons peu marquant ( pour ne pas dire inexistant ), l'on notera surtout la présence très remarquée de Marion Cotillard. Catastrophique dans son "jeu d'actrice", très mauvaise doubleuse, sans charisme et fade au possible, elle gâche tout une partie du film; me demandez pas ce qu'elle est venue foutre ici, je n'en ai pas la moindre idée.

A son arrivée, ricanement de la salle. Perte de crédibilité totale. Faut bien dire que les 20 premières minutes n'étaient pas là pour nous aider à nous plonger dans le film; montage dégueulasse et brutal, plans trop rapides qui tuent la lisibilité de l'action, mise en scène approximative et dialogues hasardeux. Et Marion Cotillard qui joue la méchante énigmatique, mais qu'est gentille dans l'fond.

Qu'on se le dise, là sont les deux gros soucis du film : Cotillard et le montage dramatiquement dérangeant. C'est brutal, le tempo de cut est mauvais, tellement que c'en vient même à casser l'intérêt que l'on pourra porter au film. Seulement, après ces 20 premières minutes, le film se lâche vraiment dans son délire et nous livre un divertissement de qualité avec une certaine personnalité visuelle ( Justin Kurzel oblige ).

Photographie magnifique, sublime jeux d'ombre et de lumière; c'est cela, l'art de Kurzel. Personnalités ténébreuses sous un ciel brumeux, air vicié à la couleur de flammes. Avec lui, tout est sombre, tout est triste, badass et romantique; c'est du romantisme à l'état pur, un tableau dépeignant nombre de sentiments complexes et contradictoires, qui font que le film tempère ses personnages, nuance ses tons pour ne pas sombrer dans un manichéisme simplet.

Assassins et templiers, nul n'est bon; nul ne mérite de vivre ou de mourir. Ils ne méritent même pas d'exister, d'aimer; le vide complet, c'est ce que méritent assassins et templiers.

Kurzel, c'est aussi une mise en scène qui a du souffle, en plus de récits qui ont de la gueule. C'est quelque chose d'à la fois personnel et universel, sorte d'épopée de tous les Ages où se croisent le fer et le sang. S'y couplent un scénario complexe et bien retranscrit ( encore que le retournement final s'avère très mal amené ) ainsi qu'une bande-son du tonnerre de dieu, rendant le tout épique, grandiose et oppressant ( avec un grosse influence de Junkie XL ).

Au final, Assassin's Creed se caractérise un peu comme Macbeth : atmosphère lourde et pesante, combats filmés de manière particulière, couleurs chaudes et épaisses, sorte de brume enflammée. L'on notera également un énorme soin visuel en ce qui concerne l'Animus ( en plus d'une excellente transition entre le présent et le passé ), des assassins qui ont de la gueule, quelques petits effets spéciaux ratés ainsi qu'une amusante influence de la mise en scène de George Miller pour son Mad Max Fury Road ( durant la scène de course poursuite en chariot ).

Verdict : Assassin's Creed est un très bon film. Porté par des qualités non négligeables, il affiche cependant nombre de défauts. Sans atteindre les sommets de la précédente collaboration du trio, il réussit complètement son pari en nous livrant une oeuvre passionnante, complexe et explosive. Le jeu est extrêmement bien respecté ( cf la scène de street run ); nul doute que les fans y trouveront leur compte, quand certains n'y ont vu qu'un banal film d'action. Un vrai régal.

 

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