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Culture Geek

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Bible du cinéma en construction, le site Culture Geek a pour but d'analyser et de critiquer tous les films sortis à ce jour, avec quelques écarts vers d'autres médias, des comics à la musique, en passant par les séries télé et la littérature. Bonne lecture, bonnes recherches, en espérant vous compter un jour parmi mes plus fidèles abonnés. Le blog des passionnés ou des simples lecteurs. Un blog fait pour tout le monde.


La Maison Assassinée ( 1988 ) --> Dur d'échapper à la Der des Der

Publié par pellflorent sur 7 Avril 2016, 10:47am

Catégories : #Critiques Cinéma, #Thriller - Policier, #Drame

 

 

 

"La maison assassinée" est vraiment un sacré film, surtout pour un film français. Non pas qu'on fait exclusivement de la merde, par les temps qui courent, mais presque. Quand tu vois que Dany Boon fait partie des "cinéastes" préférés des français, tu comprends où on en est. Plutôt vieillissant, le métrage en question n'en demeure pas moins bon.

 

Le commencement pourra en laisser certains sur la ligne de départ; ça commence comme un téléfilm, une série b. Certes, c'est peu intéressant, et visuellement dépassé. Puis, le film démarre véritablement, et le tout s'emballe. Dès le début, Patrick Bruel ne semble pas très à l'aise dans son rôle de vétéran de la Der des Der : pas spécialement charismatique, il lui manque une présence physique, une conviction dans le jeu.

 

En soit, l'acteur n'est pas mauvais; cela, il le prouve par la suite, en se reprenant de la meilleure des manières, devenant largement meilleur, à l'image même du film, qui s'embellit avec le temps, comme un bon vieux rouge de notre vieille France. Pour tout vous dire, la mise en scène s'avère très bonne, elle aussi.

 

Pas exceptionnelle, plutôt classique, elle n'offre pas de véritable recherche artistique, mais sert parfaitement bien l'oeuvre; elle met bien en valeur l'intrigue, bien que manquant d'originalité. En soit, c'est plaisant, satisfaisant; comment être déçu, si l'aspect très intimiste du film est principalement dû au travail fait sur l'image?

 

Personnellement, je l'aime bien, ce travail, notamment de par l'aspect très pictural de l'oeuvre, tant l'image est travaillée, arborant un côté saturé qui lui va à ravir. D'une certaine manière, elle illustre très bien le propos même de l'oeuvre, portant sur la tristesse et le regret d'un pauvre gosse revenant au pays, et qui découvre que toutes les choses qu'il savait jusque là, que toutes ses certitudes sont, et ont toujours été dupées par l'élément perturbateur ( comme ça, pas de spoil ! ).

 

L'intrigue est elle-même de grand niveau. Au départ, on pense tomber sur une oeuvre extrêmement classique, pas couillue pour un sou. Belle erreur que celle ci : le résultat final sera explosif ( de rebondissements inattendus, j'entends bien ), presque grandiose, et foutrement inattendu. Que demander de plus, tant c'est marquant et inoubliable? Un an que je l'ai vu, et je m'en souviens comme si c'était hier.

 

Au niveau des acteurs, c'est également très convaincant, bien que bancal. D'un côté, un Bruel qui, petit à petit, prend de l'assurance pour, finalement, trouver ses marques dans un rôle dramatique et, sûrement, complexe à comprendre, et à interpréter. Le mec se donne à fond, c'est évident. De l'autre, aucun second rôle particulier n'est à souligner, tant les personnages secondaires ne seront point développés; tout est fixé sur Bruel, et c'est, peut-être, tant mieux comme cela. C'est qu'on s'y attache sérieusement, à ce pauvre bonhomme !

 

A noter, cependant, un seul autre acteur qui ressort ( à mon sens le meilleur de l'oeuvre ) : le personnage de la gueule cassé, extrêmement touchant, et parfaitement interpréter par un Yann Collette attachant et sympathique. Parmi tout cela, de bons maquillages ressortent ( notamment ceux de ce même personnages ), même si certains, moins bons que d'autres, laissent présager un certain manque de finition.

 

"La maison assassinée" est donc un très bon cru : à la fois terriblement triste et étrangement beau, le résultat final surprend de par son invention, et la reproduction de la condition française de l'époque, fortement bien reproduite, laisse présager le désir de coller à la réalité qu'arborait, avec ce film, le très bon George Lautner. A voir, du bon cinéma français.

 

14/20

 

Par Florent Pelletier

La Maison Assassinée ( 1988 ) --> Dur d'échapper à la Der des Der

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