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Culture Geek

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Bible du cinéma en construction, le site Culture Geek a pour but d'analyser et de critiquer tous les films sortis à ce jour, avec quelques écarts vers d'autres médias, des comics à la musique, en passant par les séries télé et la littérature. Bonne lecture, bonnes recherches, en espérant vous compter un jour parmi mes plus fidèles abonnés. Le blog des passionnés ou des simples lecteurs. Un blog fait pour tout le monde.


L'homme qui rétrécit ( 1957 ) --> C'est pas la taille qui compte

Publié par pellflorent sur 1 Février 2016, 17:25pm

Catégories : #Critiques Cinéma, #Drame, #Science Fiction - Fantastique

 

 

Les films de science-fiction des années 50 sont, à mon sens, les plus originaux, esthétiques et impressionnants qui soient, et furent, avant la nouvelle vague de métrages inaugurée par la sortie du premier "Star Wars" ( enfin, du quatrième, mais vous m'aurez tous compris ). L'on ne compte plus le nombre de films cultes sortis à cette période : "Destination Lune" ( dont on parlera une prochaine fois ), "Le Jour où la Terre s'arréta", "Le Choc des Mondes", et surtout l'éblouissant "Planète Interdite", que je vous conseille fortement de voir incessament sous peu.


Et là, une question se pose naturellement : qu'est-ce qui vaut tellement le coup dans ce film? Tout, tout simplement. Cela sonnait mieux dans ma tête. Anyway. Premièrement, ce qui impressionne plus que toute autre chose, c'est la qualité même du métrage une fois remis dans son contexte historique : sorti en 1957, soit 12 après la WW2, l'oeuvre bluffe de par ses effets spéciaux révolutionnaires, et la justesse du ton employé.

Et justement, ce dernier détail est plutôt amusant : le ton même du métrage oscille constamment entre la gravité ( dans le sens grave ) et une certaine naïveté, naïveté qui se retrouve tout le long. Et voyez-vous, ce n'est pas un problème d'effets-spéciaux si le tout s'avère, au départ, du genre comique. Non, c'est surtout que c'est tellement inhabituel d'assister à pareil spectacle, de voir des images du quotidien littéralement démesurées, que l'on s'amusera de voir ce que le personnage subit. Au début, ai-je bien écrit.

Après, le ton changera du tout au tout : abandonnant une certaine fougue comique, il tombera complètement dans un pessimisme sans fond, jusqu'à trouver l'illumination ( divine, allais-je écrire ). Car quoi que l'on en pense, un constat vient rapidement aux yeux, constat réellement appuyé par ce que je viens de vous écrire : "L'homme qui rétrécit", bien plus qu'un spectacle éblouissant, se veut surtout être un métrage inoubliable et marquant, le genre qui, même soixante ans après, surprend toujours autant, pour ne point dire qu'il émerveille grandement.

Et qu'est-ce qui rend pareil résultat? Premièrement, parlons de l'écriture. Incroyable de matûrité et de tristesse, elle s'avèrera d'une rare finesse, et d'une qualité particulière. Jamais n'avais-je vu de film de cette époque à tel point touchant et marquant.

 

Pour ce qui est de l'intrigue, c'est néanmoins assez dérisoire : la contamination du personnage principal, sans réelle autre justification que celle donnée ( et particulièrement brève ), se révèlera au final bien plus comme un prétexte que toute autre chose : c'est une cause extrêmement simple ( surtout à l'époque de la peur du nucléaire ) qui leur sert de motif pour nous fournir des moments inoubliables.

Et là, je pense surtout à la scène de l'araignée. Bluffante, elle impressionne de part sa virtuosité technique, renvoyant au placard tous les pastiches italiens qui pourraient naître de cette franche réussite. Je ne sais pas s'il y en a, je suppose juste, bien que le contraire m'étonnerait grandement connaissant le pillage effectué sur "Destination ! Lune" par ces même italiens. Et justement, la scène de l'araignée nous permet de nous intéresser à une autre qualité du film : sa mise en scène.

Jack Arnold, réalisateur très célèbre à l'époque, et à l'origine de nombre de films chroniqués ( "Les Survivants de l'infini" et "La Créature du Lagon noir", par exemple ), fait preuve d'un grand talent; il sait à l'évidence comment montrer des créatures monstrueuses s'agiter à l'écran, et s'est avec plaisir que l'on suit son oeuvre, non sans délectation ( lorsque l'on aime ce genre de métrages vieillissants ). La réalisation est donc forte, intense et énergique et, soulevée par une bande-son grandiose, ainsi que tellement intense qu'elle en deviendra étouffante, le résultat est détonant.

Et contrairement à ce que l'on pourrait penser de ce genre de métrages ci, celui ci ne patit guère de ses effets spéciaux. Marquants à plus d'un titre, ils impresssionnent de par leur virtuosité et leur réalisme, appuyant le fait que oui, l'on se trouve devant un grand film, le genre qui ne s'éteindra pas demain la vieille dans l'imaginaire des fans. Les montages sont excellents ( encore que celui du métrage global s'avère parfois décevant, notamment lors de la première scène ), et une question demeure après le visionnage : comment ont-ils pu bien faire, bon sang de bois de pipe?

Les acteurs ajoutent également au résultat final, dont le héros, qui tient le rôle titre avec talent et une pointe suffisante de ce charisme cher aux américains de l'époque, et dont l'on a encore besoin de nos jours. Pour conclure, je souhaiterai réaborder un point sommairement vu plus haut : le détail de l'écriture, sûrement le plus important du métrage ( celui sur lequel il se base le plus, en fait ).

Comme vous le savez sûrement, le film est inspiré d'un roman, et même si son scénario n'est pas des plus fouillés, il vaudra surtout pour la qualité de l'enchaînement des évènements et de l'action, mais également pour ses dialogues et sa réflexion sous jacente. Explications. Tout d'abord, il paraît évident que le style du film, sérieux et puissant, vise à nous éblouir. Et c'est principalement ce qu'il parvient à faire : les pensées du héros sont agravantes de profondeur et de tristesse, et un autre constat s'impose rapidement à nous : c'est foutrement réfléchi et bien pensé.

Car de ce qui transparaît de ce métrage ci, l'on retiendra surtout la profonde pensée philosophique qui traine un peu de partout : il y a, en effet, une réélle et puissante réflexion sur l'importance de l'homme dans l'univers, sur sa place parmi les autres animaux, et sur le rôle prédominant de l'échelle en ce qui concerne la domination des espèces, mais également sur sa manière de montrer du doigt les choses qui lui sont peu communes, ou qui ne lui ressemblent pas. Que ferions-nous si les araignées nous dépassaient de plusieurs centimètres, et si une simple pièce s'avérait un véritable champ de bataille? Cet inversement des rôles est particulièrement savoureux et talentueux, le tout relevé par les pensées même du personnage.

C'est à n'en pas douter un grand film que l'on tient ici; non seulement de son époque, mais du cinéma en général, et ce tous genres confondus. Surprenant et bluffant, le résultat final nousfera venir un constat en tête : l'on tient une perle, une pépite rare qu'il ne faudra perdre pour rien au monde. Je n'avais jamais vu cela, et je ne le reverrai sûrement jamais pluis ailleurs. Fascinant.

 

18/20

Par Florent Pelletier

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