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Culture Geek

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Bible du cinéma en construction, le site Culture Geek a pour but d'analyser et de critiquer tous les films sortis à ce jour, avec quelques écarts vers d'autres médias, des comics à la musique, en passant par les séries télé et la littérature. Bonne lecture, bonnes recherches, en espérant vous compter un jour parmi mes plus fidèles abonnés. Le blog des passionnés ou des simples lecteurs. Un blog fait pour tout le monde.


Les Dossiers #1 --> La Universal et la Hammer, quarante ans de mythe...

Publié par pellflorent sur 29 Mars 2015, 08:58am

Catégories : #Les Dossiers

Bon, comme vous venez surement de vous en rendre compte, on attaque une nouvelle catégorie : celle des fameux dossiers, une idée qui m'est venue alors que je préparais mon oral de TPE ( travaux personnels encadrés, sorte d'exposé en plus important, si vous voulez ). En fait, on va principalement s'intéresser à deux choses : les créatures fantastiques et les personnages issus de comics ( seulement Marvel et DC ). Et pour mener à bien notre "dossier", je vais le découper en trois parties, des parties qui étaient, à la base, le plan même de mon TPE. En premier, on va se concentrer, comme vous aurez pu le comprendre à la lecture du titre, aux classiques littéraires fantastiques, plus précisément à une periode de métrages comprise entre les années 30 et la fin des années 70. Ca fait beaucoup, je sais. Mais je sais également une chose : cela vous fera également beaucoup de lecture ! En attendant la suite, portez-vous bien, et à très bientôt ! 

 

 

 

I / Les Classiques Littéraires Fantastiques

 

1)     La Universal dans les années 30

 

 

Bon allez, pour commencer, parlons de la création d’une entreprise à laquelle on va s’intéresser : la Universal. La Universal Film Manufacturing Company nait donc en 1912 à New York, du regroupement de six entreprises en opposition au trust Edison-Biograph, qui concentre alors les pouvoirs de la filière cinématographique. En 1915, Universal City ouvre ses portes dans la périphérie de Los Angeles, et devient une véritable ville dans la ville. Son économie reposera alors sur une abondante production de séries b à petit budget.

 

 

D’abord produisant des westerns à la chaîne pour l’Amérique rurale, directement descendante de ce style de vie, c’est dans les années 20 qu’Universal décide de dépasser le stade des séries b pour mettre en œuvre des grands classiques du cinéma, à l’image de Notre Dame de Paris, réalisé par Wallace Worsley ( 1923 ) ou encore du Fantôme de l’opéra, de Ruper Julian ( 1925 ), tous deux avec Lon Chaney Sr, une figure emblématique de la Universal d'avant son ère "Films de Monstres".

 

 

Ainsi, après des essais si fructueux et bien accueillis, ils décidèrent de se lancer dans la production de films fantastiques inspirés des grands romans du genre, sortis au siècle dernier, tels que Frankenstein ou encore Dracula, deux films qui sortiront la même année, l’un tiré du roman éponyme de Mary Shelley sorti en 1818 et réalisé par James Whale, l’autre librement inspiré du Dracula de Bram Stocker, et réalisé par Tod Browning, dont le style visuel est largement inspiré par l’expressionnisme allemand, où un certains Nosferatu de Murnaü avait déjà abordé le thème du vampirisme et de  Dracula, mais sous un autre nom…

 

 

Dès lors, nous nous situons dans l’âge d’or du cinéma fantastique, et les monstres alors pas forcément iconisés, deviendront dès lors le symbole même de la peur sur le grand écran, où des noms tels que Bela Lugosi ou encore Boris Karloff, son grand rival et visage même des monstres de la Universal, sont des noms incontournables.

 

 

Et des hommes symboliques, il en faut pour un tel succès. Outre le magnétisme de Lugosi en compte Dracula, exploitant alors la sensualité et le charisme du personne, on se souviendra surtout de son rival russe, Boris Karloff, à la fois interprète de la créature de Frankenstein (rôle qu’il tiendra à 3 reprises) et de la célèbre Momie Imhotep, film de Karl Freund en 1932 inspiré du roman Le Retour de la Momie, pour la part « amoureuse » du récit, et de la « malédiction de Toutankhamon » ( après avoir ouvert son sarcophage, tous ceux présents sont morts de maladie ) en 1922.

 

 

Il serait également intéressant de mentionner les adaptations du roman L’homme Invisible d’Hg Wells, publié en 1897, métrages réalisé par James Whale en 1933, metteur en scène à l’origine d’une flopée de films pour la Universal, et Joy May en 1940,  ou encore le Loup Garou, réalisé par George Waggner en 1930, directement inspiré de contes relatifs à la littérature médiévale. Mais dès la fin des années 30, le succès n’est plus le même. A la Hammer de racheter les droits des monstres de la Universal.

 

 

 

 

 

2)     La Hammer : Des années 50 aux années 70

 

 

 

 

Et  donc, après l’âge d’or de la Universal, c’est à une autre maison de production, la Hammer, de la remplacer dans le registre des créatures mythiques du fantastique. Créée en 1934, c’est après la seconde guerre mondiale qu’elle s’est faîte connaître avec la production de films fantastiques à petit budget, qui devaient rapporter assez d’argent pour pouvoir faire perdurer la firme. Et puis, alors qu’un jeune réalisateur, Terence Fisher, est engagé, l’idée principale de la Hammer est de mettre en œuvre une nouvelle aventure pour Frankenstein. Le livre étant alors libre de droit, le rachat ne se fait guère difficilement.

 

 

« Frankenstein s’est échappé » marque ainsi un tournant dans les adaptations de romans portant sur des créatures fantastiques : il prouve à cette nouvelle société de production que le registre fantastique est l’un des plus rentables qui soient. Véritable succès au box-office, ses dirigeants ne perdent pas de temps, et achètent les droits de plusieurs autres créatures incontournables : Dracula, qui en sera l’emblème même, La Momie, L’homme Invisible ( dont je n'ai rien trouvé sur le film, désolé ) et le Loup Garou. Toutes les adaptations sont des succès phénoménaux, le moule est donc en œuvre : la Hammer entre dans son âge d’or, et devient la seule référence en terme de monstres fantastiques, supplantant la Universal.

 

 

Mais la Hammer, contrairement à l’expressionnisme allemand de la Universal, c’est un style gothique particulier et atypique, un style typiquement « Hammer ». Visionner un de leurs films, c’est pouvoir le reconnaître entre mille. Et en plus de leur apporter une esthétique, le scénario de ces « reboot » ( une réadaptation d’un matériau extérieur ou non au cinéma : refaire avec de nouvelles bases, différent du remake, qui est généralement une copie ) est modifié : ils sont bien plus que des ré adaptations, mais des œuvres à part entière.

 

 

Plusieurs films vont venir affirmer ce style unique : Le Cauchemar de Dracula ( 1957 ), La Revanche de Frankenstein ( 1958 ), Le Chien des baskerville ou encore La Malédiction des pharaons, tous quatre des métrages mis en scène par le réalisateur emblématique de la Hammer : Terence Fisher. Mais outre leur réalisateur, leurs couvertures de films particulières et leur esthétique commune, ces films partagent autre chose : leur casting. A l’inverse d’un Bela Lugosi et d’un Boris Karloff, Christopher Lee et Peter Cushing ne sont pas rivaux, ils sont partenaires.

 

 

L’un joue le monstre, l’autre interprète le héros téméraire et intrépide. L’un joue de son physique imposant ( 1m96 de haut ! ), alors que le second profite d’une certaine élégance et d’un charisme hors pair. A la manière d’un Terence Fisher, ils sont emblématiques de cette maison de production. Tous trois se sont ainsi croisés dans 23 films en tout, de la Hammer ou non.

 

 

Pour le compte de la célèbre société de production, Christopher Lee a ainsi autant interprété de héros que de méchants, tenant le rôle de Dracula à neuf reprises, la créature de Frankenstein et la Momie à seulement une reprise. C’est Peter Cushing qui a le plus beau palmarès de figures emblématiques de la littérature fantastique : il a donc ainsi tenu le rôle de Van Helsing à cinq reprises, et celui du baron Frankenstein durant six films.  Mais passé les années 70, la fin de la Hammer se sentait.

 

 

 

Oliver Reed pourrait également être cité, l'interprète du loup-garou et de bien d'autres rôles, avec une sacré gueule. Pour les visages féminins, Barbara Shelley est la première à retenir. Parfaite femme vampire dans "Dracula, Prince des ténèbres", sa sensualité et son sacré physique ( on ne va pas se le cacher ! ) l'ont faîte arriver au sommet de la chaîne alimentaire des gueules féminines de la Hammer, et lui ont permis de tourner dans d'autres rôles tels que "Gorgone", ou encore l'eexcellent "Raspoutine" avec Christopher Lee dans le rôle titre.

 

 

On pourrait également citer Suzan Farmer, qui a tourné dans les deux premiers films cités pour Barbara Shelley. Il serait également intéressant de parler de Michael ( the ) Ripper ( je ne pouvais pas m'en empêcher ), surement le plus célèbre des seconds couteaux de la Hammer, ayant tourné dans "Les cicatrices de Dracula" ou encore dans "La Revanche de Frankenstein".

 

 

Alignant les mauvais films et les échecs financiers ( voir les derniers Dracula pour comprendre ), cette mythique société de production n’allait pas tarder à disparaître complètement, supplantée par des films bien plus violents et originaux que ceux sortis en fin de cycle, des métrages tels que La Nuit des Morts Vivants de George Romero ( 1968 ) Massacre à la Tronçonneuse de Tobe Hooper (1974) et La Colline a des yeux de Wes Craven ( 1977 ).

 

 

Les créatures fantastiques sont désormais relayées au second plan, le public préférant des histoires originales et violentes, à la manière d’un choquant La Dernière Maison sur la Gauche de Wes Craven ( 1972 ), des films qui se heurtent à la censure. Ainsi, ces créatures mythiques ne seront plus représentées au cinéma qu’à de rares occasions, lorsque tel ou tel producteur désirera se lancer dans leur production. Chose qui changera à l’aube des années 2000, véritable révolution cinématographique.

 

 

Les Films de la Universal :

 

- Dracula

- Frankenstein

- L'homme Invisible

 

Les Critiques ( Films de la Hammer ) :

- Le Cauchemar de Dracula ( 1958 )

- Le Chien des Baskerville ( 1959 )

- La Malédiction des Pharaons  ( 1959 )

- Les Maîtresses de Dracula ( 1960 )

- Dracula, Prince des Ténèbres ( 1965 )

- Dracula et les Femmes  ( 1968 )

 

Autre(s) :

- La Nuit des morts-vivants ( 1968 )

 

 

Par Florent Pelletier

 

Les Dossiers #1 --> La Universal et la Hammer, quarante ans de mythe...
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Commenter cet article

Mina 30/04/2015 15:15

Dossier très très intéressant, très bien argumenté et tu m'as pris certain détails que j'ignorais. Ayant une grande affection (moi aussi ;) pour Cushing, il reste mon préféré. Je regrette les atmosphères et les ambiances presque surannées de ces long-métrages..Période révolue..Dommage.
Continue dans cette excellente voie, c'est passionnant de découvrir (pour ceux qui en connaissent peu, au final) ou redécouvrir tout cela. Tu t'es vachement bien documenté, l'une de mes catégories (désormais) préférée de ton blog plus fourni dans le bon sens du terme. Je vais dans l'autre, à tout de suite :)

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