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Culture Geek

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Bible du cinéma en construction, le site Culture Geek a pour but d'analyser et de critiquer tous les films sortis à ce jour, avec quelques écarts vers d'autres médias, des comics à la musique, en passant par les séries télé et la littérature. Bonne lecture, bonnes recherches, en espérant vous compter un jour parmi mes plus fidèles abonnés. Le blog des passionnés ou des simples lecteurs. Un blog fait pour tout le monde.


Voyage au bout de l'enfer, une balle dans mon barillet...

Publié par pellflorent sur 21 Juin 2014, 07:02am

Catégories : #Espionnage - Guerre, #Drame, #Critiques Cinéma

 

 

 

 

"Allez putain, vas y, fais le, montre leur que t'as des couilles bordel, prouve leur qu'ils doivent avoir peur de toi, montre leur que tu peux le faire"! ( c'est pas exactement ça, mais ça y ressemble. ), hurle Mike ( De Niro ) à son ami d'enfance Nick ( Walken ) dans la scène la plus mémorable de presque tous les films sur la guerre du vietnam. Entourés par une dizaine de soldats viets, tous plus cruels les uns que les autres, les deux hommes rêvent de s'en sortir et nous offrent un passage inoubliable et traumatisant.

 

Les mecs, les méchants, les cruels, éclatent de rire, Walken craque, appuie sur la gâchette et... rien. La tension retombe, les mecs arrêtent de s'esclaffer, et on ressent toute la peur et le stress que le pauvre gars aurait pu éprouver si cela avait été vrai. Et Nick, au physique atypique et spécial, envoie le flingue sur la table, avant que les sadiques de viets ne s'en emparent et ne le filent à notre De Niro à nous, soit à Mike.

 

Le mec a un putain de jeu d'acteur et une bête de charisme de malade. Et là, tu le vois hurler, crier jusqu'à ne plus pouvoir rien faire, provoquer les mecs, les insulter, les traiter de tous les noms, maudire la planète entière, rougissant de rage, l'air encore plus crédible que son ami, qui enchainait de se prendre des claques en pleine tête. Et puis, sourire à nos amis viets horriblement cruels, et le mec nous fait comprendre un truc : ils vont crever, et tous deux vont survivre à cet abîme d'horreurs et de mort , alors qu'ils espèrent revenir de ce "Voyage au bout de l'enfer".

 

Et, photographie superbe et soignée oblige, on a droit à la fusillade la plus violente et réaliste de tout le film ( c'est peut-être la seule, en fait ). Dès lors, le Vietnam, c'est fini, c'est le passé, c'est DU passé, et il n'en restera à présent que les retombées, vous n'en verrez plus que les conséquences et tout ce qui en découle, se trouvant principalement être d'odieux malheurs.

 

Le réalisme du tout baignera alors le spectateur dans l’atmosphère de l'époque à ce lieu précis ( non pas que j'y étais, mais c'est tellement soigné que je m'y croyais ), et alors que vous regrettiez peut-être d'avoir attendu plus d'une heure pour assister à vingt minutes de guerre du vietnam, je peux vous assurer, vous certifier même, que tout ce qui va suivre vous convaincra que vous avez bien fait de vous montrer patient, et de rester jusqu'au bout.

 

Parce que oui, contrairement à ce que certains pourraient prétendre, la première heure ne sert pas à rien, non, bien au contraire, elle est entièrement consacrée au but de nous introduire et de nous présenter les personnages et leur personnalité, pour nous les rendre encore plus attachants et humains pour la suite, car oui, ils deviendront bien plus que des personnages, ils seront dès lors les représentants d'une génération brisée par une guerre perdue, entre amitiés massacrées et tortures infligées par le camp ennemi.

 

Et puis, dès lors qu'on aura passé le vietnam, on pourra comprendre que "Voyage au bout de l'enfer" n'est pas vraiment un film de guerre, non, lui, c'est plus un drame qu'autre chose, le destin de quatre potes après le vietnam. Et si vous voulez voir un autre "Platoon", passez votre chemin, c'est préférable, parce que vous ne pourrez rien faire d'autre que vous ennuyer, en plus d'être profondément surpris par ce qui se trouve sous vos yeux.

 

Parce que oui, le résultat est aussi surprenant lorsqu'on ne s'y attend pas que le scénario est génialement bien ficelé. Parce que oui, pour une fois, les mecs ne se sont pas arrêtés à la guerre, ils sont allés plus loin, et ils ne se sont pas seulement concentrés sur le côté guerrier du truc. Non parce que sans déconner, celui qui osera me dire que le tout a été fait pour ses scènes de combats n'aura rien compris au tout, parce que justement, il n'y a pratiquement pas de séquences de combat.

 

En même temps, quand le truc dure vingt minutes sur trois heures,  qu'est-ce que vous espérez? Non, les roulettes-russes sont largement suffisantes et offrent un côté inattendu au tout qu'il n'aurait jamais pu avoir sans elles, en plus d'y fournir originalité et inédit, un max d'inédit.

 

Et pour une fois, on ne nous idéalisera pas les soldats américains; bon, on nous montrera les soldats viets comme des putains de mecs cruels encore plus sadiques qu'un Hannibal Lecter en liberté, mais comme certains d'entre eux étaient vraiment comme cela, en plus de choquer, cela nous montrera la réalité.

 

Un foutu chef-d'oeuvre de dingue que ce "Voyage au bout de l'enfer", qui, en plus de marquer plus que n'importe quel autre film, offrira de la nouveauté à un genre fait de bien moins de chef-d'oeuvres que de séries b. Vous ne l'avez pas encore vu? Sans déconner? Foncez de suite les gars, partez sans réfléchir et au hasard pour le trouver, un peu comme si vous deviez presser la détente d'un flingue dans une partie de roulette russe, face à un Christopher Walken plus fou qu'humain.

 

18.5/20

 

Voyage au bout de l'enfer, une balle dans mon barillet...

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